Rassurés 

1 mois s’est écoulé depuis les incendies qui ont dévastés mon pays. 1 mois que je faisais des cauchemars et que je m’inquiétais pour mes parents.

Ce week-end j’ai enfin pu être rassurée et les rassurer. Les retrouvailles ont été intenses et mêlées de larmes. Nous avons eu tellement peur. Nous avions besoin de nous retrouver.

J’aurais pu alors simplement me contenter de ça, égoïstement, et ignorer en quelque sorte ce qui s’était passé mais impossible. Je n’ai pu m’empêcher d’aller voir les dégâts, bien que ceux ci sont flagrants à tout endroit. Des dizaines voire des centaines de maisons ravagées. Des hectares de forêts brûlées. Des milliers de gens traumatisés.

Je suis restée des heures à écouter les récits de toutes ces personnes ayant vécues les pires heures de leur vie. Ces personnes qui ont lutté et ont surpassé leur propres forces pour sauver leur vie et leurs biens. Les regarder. Louer le ciel. Pleurer ensemble. Impossible de rester insensible à ce chaos. Le traumatisme est et sera toujours présent.

Le week-end est passé bien trop rapidement mais je sais que dans quelques semaines je serais à nouveau là pour cette fois ci profiter pleinement sans penser, ou du moins éviter, à toute cette tristesse qui s’est installée depuis le 15 octobre dernier… parce que les fêtes seront là mais aussi la force, l’espoir, l’amour et la foi (Si seulement vous verriez tout ce qui se dégage de ces personnes ❤) .

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De vive voix …

Je n’ai pas été élevée dans un environnement où l’on exprimait ses émotions. Je n’ai par exemple jamais entendu de « je suis fière de toi » ni même de « je t’aime »… bien évidemment les gestes le démontraient mais souvent des mots peuvent faire toute la différence.

Je ne sais donc si c’est à cause de ça mais j’ai vraiment du mal aussi à exprimer mes sentiments de vive voix. Pourtant je me suis toujours promis en grandissant de ne pas faire les mêmes erreurs que mes parents à ce sujet là. Impossible.

Je m’en suis d’autant plus rendu compte de cela ces derniers jours avec ce qui s’est passé… J’avais envie de leur dire que j’avais eu la peur de ma vie, que je les aimais tellement fort. Et pourtant, impossible que ces mots sortent de ma bouche. Juste un « moi aussi j’ai eu peur » timide avec les larmes aux yeux et la gorge nouée.

En amour, c’est à peu près la même chose. Si je n’entends pas de mots doux ni un « je t’aime » (du moins en premier), ces mots restent au bord des lèvres.

Peut-être que cela vient juste d’une peur de trop se dévoiler, ou d’être déçue, ou d’être abandonnée. Mais ce qui est étrange, c’est que je n’ai pas autant cette difficulté par écrit. Je peux écrire des pages entières pour exprimer mes sentiments, faire des compliments, me dévoiler complètement… Pourquoi ?!

Il va falloir que je travaille sur ça.. car il est bien beau de démontrer ce que l’on ressent (c’est d’ailleurs très important) mais souvent on a besoin d’entendre. Surtout quand on est loin de ces personnes que l’on aime tant…